Rien n'est à moi sauf celle qui donne son nom à la fic. Le reste est à la BBC.


Scène 2 : La barde


Gaïus était penché sur une de ses préparations lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir.

« Dépêche-toi de te laver et de te changer. Arthur veut que tu sois présent aux audiences. » déclara le médecin sans se retourner.

Merlin ne répondit pas. Gaïus s'en étonna et se retourna. Le jeune homme n'était pas seul. Une silhouette entièrement vêtue de noir était avec lui. Deux mains gantés sortirent alors des tréfonds d'une cape pour se poser sur la capuche et la baisser.

L'être qui se cachait sous la capuche était aussi blanc que ses vêtements étaient noirs.

Merlin, lui, semblait mal à l'aise. Il quitta rapidement la pièce.

« Cette femme veut voir le Roi. » l'informa tout de même le jeune homme avant de rejoindre sa chambre.

La femme blanche s'avance vers le médecin.

« Mon nom est Eohlsand. Je suis barde et conteur. Les temps sont durs et je cherche un château où me réfugier.

-Je ne sais pas si vous avez frappé à la bonne porte, lui répondit honnêtement Gaïus.

-Il n'y a pourtant aucun barde qui habite Camelot ? » s'étonna la femme blanche.

Le médecin la regarda longuement. Comment lui expliquer ?

« Le Roi n'apprécie guère les Contes et les Légendes... »

Eohlsand prit un air entendu.

« Forte heureusement, tous les Contes ne font pas intervenir la Magie. »

Gaïus acquiesça mais...

« Il n'y a pas que...

-C'est mon apparence c'est ça ? » Le coupa la barde.

Gaïus lui fit signe que oui. La femme blanche se mit à sourire.

« Ce serait bien la première fois que mon apparence est la cause d'un refus. Les Rois et les Seigneurs l'adorent d'habitude.

-Camelot n'est pas un château comme les autres.

-C'est ce qui le rend intéressant. »

Eohlsand se mit à réfléchir pendant un court instant.

« L'hiver arrive. A son approche, le Roi ne peut refuser son hospitalité à un barde... Ni à une personne malade. »

Merlin revint à ce moment-là. Il n'avait entendu que la fin de la phrase de la visiteuse.

« Qui est malade ?

-Moi, répondit Eohlsand.

-Vous êtes malade ! » s'écria Merlin avec un air incrédule.

Gaïus le regarda.

« Merlin ! »

Ce dernier baissa la tête comme un enfant pris en faute.

« Pardonnez-moi Barde Eohlsand. »

La femme blanche sourit.

« Ce n'est rien. Peu de gens s'imaginent que je suis malade. Avec ma peau et mes cheveux, on pense toujours que je suis une créature magique alors que je ne suis qu'une simple humaine souffrant d'une maladie rare. »

Merlin se tourna vers Gaïus pour avoir un peu plus d'explication.

« C'est extrêmement rare en effet, lui expliqua le médecin, mais Eohlsand n'est pas la première que je croise qui en souffre. Ces malades naissent ainsi. J'ai déjà vu des parents aux cheveux plus sombres que la nuit donner naissance à un bébé blanc, complètement blanc, du bout des cheveux à la pointe des orteils. Leurs yeux sont parfois aussi dorés que ceux d'Eohlsand mais la plupart du temps, ils sont rosés tirant sur le violets. Généralement, la lumière du soleil les incommode et s'ils s'y exposent trop souvent...

-Nous mourrons rapidement. » finit la barde à la place du médecin.

Gaïus se tourna vers elle et l'examina pendant un long moment.

«Et il n'y a aucun remède, ajouta-t-il. Il n'y a qu'à éviter le soleil... Ce que vous faites déjà. »

Eohlsand n'eut pas le temps de répondre. La porte s'ouvrit avec fracas pour laisser passer le Prince Arthur.

« Merlin... »

Il remarqua alors que le médecin de la Cour et son protégé avait une visiteuse. Arthur prit un air méfiant. Qui était cette femme ? Elle avait l'air si surnaturelle... Si magique...

La femme blanche plongea dans une parfaite révérence.

« Sire. »

Arthur lança un regard interrogateur à Merlin.

« Eohlsand est une barde. Elle aimerait vivre au Château. » le renseigna le serviteur.

Le Prince garda le silence mais son regard en disait suffisamment sur ce qu'il pensait de cette idée. Son père n'aimait pas particulièrement les bardes. Il ne leur accordait l'hospitalité que parce qu'il y était obligé et il les conviait rarement aux banquets. Les bardes ne restaient jamais bien longtemps à Camelot puisqu'ils étaient constamment surveillés. Avant de devenir les amuseurs de la Cours, n'étaient-ils pas affiliés aux Druides ?

Son père ne laisserait pas cette femme rester ici. Pas parce qu'elle était barde... C'était son apparence qui allait poser problème. Avec ses cheveux blancs et ses yeux dorés... Non, son père ne voudrait jamais d'elle ici.

« Merlin ?

-Je suis prêt Sire. »

Le serviteur se précipita auprès de son maître.

« Merlin ! » appela la barde.

Le jeune homme se tourna vers elle.

« Pourrais-je emprunter ta chambre ? J'aimerais me changer avant l'audience.

-Aucun problème. » répondit Merlin après une brève hésitation.

Eohlsand inclina la tête. Les deux jeunes hommes sortirent.

« Qui est cette femme ? Demanda de nouveau Arthur.

-Je vous l'ai dit. Une barde.

-Mais pourquoi est-elle... Si blanche !?

-D'après Gaïus, elle est malade. »

Arthur ne sembla pas convaincue par cette réponse.

« Mon père ne la laissera jamais rester ici. »

Merlin haussa les épaules. Il ne pouvait dire à Arthur ce qu'il pensait vraiment de cette femme. Dès qu'il l'avait vu, sa magie avait... Avait réagi... Comme si elle la reconnaissait. Eohlsand avait nié être une créature surnaturelle mais Merlin était certain du contraire.

A chaque fois qu'une créature surnaturelle venait dans ces murs c'était pour attirer le malheur sur la Cité. Heureusement, le Roi n'allait pas la laisser rester ici ! Pour une fois, Merlin adorait la paranoïa d'Uther.

...