disclaimer : Rien n'est à moi. Tout est à Christophe Paolin


Chapitre 27 : Leurs Missions.

 

Je devais partir immédiatement selon ma très chère sœur mais je tentai tout de même d'opérer un retour au dortoir des Jardiniers en la raccompagnant. Elle s'en aperçut. Pas immédiatement mais elle finit par le faire.

« Monsieur...

-Il y a là-bas des objets pouvant m'incriminer. Je dois les récupérer.

-Pourrait-on remonter jusqu'aux Vardens si on les trouve ?

-Oui. » mentis-je.

Elle réfléchit.

« Très bien. Allez les chercher. Mais faites-vite. »

J'allais faire très vite. Après tout, il n'y avait qu'une chose que je tenais à récupérer. Le Parchemin de Selena.

Mon « enquête » commença à Narda. J'avais eu une mission là-bas quelques semaines après ma rébellion. Je devais tuer deux membres haut placés des Vardens qui s'étaient réfugiés là-bas après un combat contre nous. Les deux étaient mort... Du moins l'avais-je fait croire à Morzan. Avait-il des soupçons ? Apparemment non. J'avais fini par en discuter avec lui. Il croyait que l'on m'avait trompée, qu'on avait remplacé ces deux hommes par d'autres avant que je ne puisse les tuer.

L'espion que cherchait Morzan c'était moi. Ça ne pouvait être que moi.

J'avais rejoint ma sœur. Je quittai ensuite le domaine avec elle. Je ne me retournai pas. J'y avais eu de nombreux amis, du mois le pensais-je mais il n'y avait qu'une seule personne qui aurait pu me retenir ici, une personne qui n'était plus là-bas.

Notre escorte était proche du Domaine. C'était imprudent. Nous étions en terrain ennemi. Trop proche... Et trop nombreux.

Ils inclinèrent tous la tête en nous voyant arriver.

Je gardai le silence et je les suivis. Ils étaient beaucoup trop nombreux... Et ce n'était que mon escorte.

Après quelques heures de chevauchées, notre petite troupe arriva au campement d'un petit bataillon. Je levai les yeux au ciel. Qu'était devenue notre discrétion ?

On me conduisit rapidement à la tente du commandant.

Il y avait cinq personnes dans la tente mais je ne connaissais que deux d'entre elles et ces deux-là n'étaient certainement pas celui qui commandait. Jamais Ajihad et Eorl ne seraient jamais venu ici avec autant d'hommes. Les des trois hommes restant se leva et s'inclina devant moi.

« Feriend. C'est un honneur de vous rencontrer et c'en est un autre d'être le commandant de votre escorte. »

J'écarquillai les yeux. Lui ? Le commandant ? N'était-il pas un peu trop jeune ? J'avais bien sûr connu quelques très jeunes commandants très compétents mais celui ne semblait pas faire partie de ceux-là. J'aurais voulu lui dire qu'il avait fait une erreur en emmenant autant d'homme avec lui pour cette expédition mais je savais bien que discuter l'autorité de ce jeune homme en public ne l'aiderait pas à tenir ses troupes. A un moment ou à un autre, j'allais bien finir par me retrouver seul avec lui et à ce moment-là...

« Pourquoi m'avoir rappelé? » demandai-je.

Le silence. Deux ou trois hommes s'entre-regardèrent sans savoir quoi dire. Ajihad finit par prendre la parole.

« Puis-je ? Demanda-t-il au jeune commandant.

-Faites. »

Ajihad se tourna vers moi.

« Nous avons une mission pour toi. Une mission que tu es le seul à pouvoir mener à bien.

-Je suis aussi le seul qui peut trouver la Main Noire et la tuer. » contrai-je.

Un autre homme se décida à intervenir. Je ne le connaissais pas.

« Et avec quel succès ? Voilà presque trois ans que vous avez infiltrez le domaine de Morzan et la Main Noire continue de tuer les nôtres.

-Brom nous a tout de même trouvé un précieux informateur, rappela Ajihad. Sans lui, beaucoup d'autres auraient péri.

-Il devait trouver et tuer la Main Noire. Par réussir à nous dégoter un traître de bas étage. Des informateurs nous pouvons en trouver des tas ! »

Pas un comme elle, pensai-je. Mais je ne pouvais pas leur dire que j'avais trouvé la Main noire et que la tueuse qui les effrayait tant était maintenant celle qui les sauvait. On m'aurait certainement ordonné de la tuer quand même. La Main Noire ne pouvait trahir son Maître. C'était impensable.

« Je ne peux plus remplir ce rôle de toute façon, les coupai-je. Dîtes-moi plutôt quelle est cette mission. »

Le silence. Pesant.

« Un des marchands qui nous approvisionnent nous a rapporté quelque chose d'étrange. »

Et important puisqu'ils avaient décidé de me rappeler.

« Il connaît un autre marchand de Teirm. Il n'est pas établi depuis longtemps...

-En vérité, il s'agit plus d'un érudit que d'un véritable marchand.

-Annoncez ce qu'il a trouvé. » intervint Ajihad.

Le silence. Encore. Je décidai de le briser.

« Qu'est-ce qui pourrait bien être plus important que la mort du Parjure et de sa Main Noire ? Demandai-je.

-Un passage, m'annonça-t-on. Un passage jusqu'à Urû'baen. »

C'était... C'était une nouvelle inespérée.

« Deynor veut que nous utilisions ce passage pour mettre fin au règne de l'Usurpateur. »

Autrement dit, il voulait tuer Galbatorix. Pensait-il vraiment y arriver ? C'était du suicide. Mais il y avait un autre moyen... Il y avait un espoir que peu soupçonnait.

« Votre assassin n'arrivera jamais jusqu'à lui. »

Je sentis la protestation venir et je la devançai.

« Pas même moi. »

Je me mis à réfléchir. Comment leur exposer mon idée ?

« Urû'baen possède d'autres trésors, commençai-je.

-Nous ne sommes pas des voleurs.

-Je serais prêt à le devenir s'il le fallait. » répliquai-je d'un ton glacial.

Celui qui venait de m'interrompre baissa la tête.

« Vous voulez tuer Galbatorix. Il y a un moyen. Mais il ne sera pas aussi radical que vous l'espérez.

-Quel est ce moyen ? »

Je n'allais pas tout de suite leur dévoiler mes cartes.

« Je veux avoir les pleins pouvoirs sur cette opération.

-C'était ce que était convenu de toute façon. »

Je m'en étais douté.

« J'irai voir cet homme, cet érudit de Teirm. Seul.

-Mais...

-Seul, répétai-je. Une fois là-bas, je verrais si l'information qu'on vous a donné en vaut la peine.

-Et ensuite ?

-Ensuite, j'essaierai de vous donner un espoir. »

C'étaient mes derniers mots. Je cherchai à me retirer mais on m'en empêcha.

« Que voulez-vous dire ? Expliquez vous ! »

Je me contentai d'une réponse en Ancien Langage.

« Anlipie aì Skulblaka magan astyrfan aì Skulblaka. » (1)

Je ne savais pas quoi faire. Que devais-je dire et ne pas dire ? Il fallait que je lui donne quelque chose. Il fallait que je trouve un coupable. En fait le coupable était trouvé mais je ne pouvais le lui donner.

Je ne cessai de tourner et de retourner le problème dans ma tête tout au long de la journée. Pourquoi n'avais-je aucune solution qui me venait à l'esprit ? Il devait bien y en avoir une.

Ma meilleure option pour le moment était de le faire patienter puis de trouver un autre coupable et dès que ce coupable aurait été châtié, je redoublerai de prudence pour éviter de devoir trouver un autre responsable à mes actes de trahisons.

Mais je ne voulais pas qu'un autre en paie le prix.

Ce problème me tenait éveillée des nuits entières et mon voyage m'épuisait. Ce n'était pas la première fois que je parcourais le pays aussi rapidement mais la fatigue que j'éprouvais était mille fois supérieure à mes souvenirs. Je n'avais qu'une seule envie. Dormir.

…..

La nuit était tombée depuis longtemps. Beaucoup dormait. Ceux qui étaient restés éveillés me laissaient seul. Comme souvent. On me regardait de loin. Personne ne cherchait à m'approcher. Ajihad fut le seul à oser.

Il s'installa en face de moi. Un feu nous séparait... Encore une imprudence. Nous étions en terrain ennemi et il y avait plusieurs feux allumés au sein de notre campement.

« Tu joues un jeu dangereux, murmura Ajihad.

-Il en vaut la peine. »

Je levai les yeux vers le ciel.

« Un jour il ne sera plus vide. »

ça n'avait été qu'un vain espoir jusqu'à maintenant mais la découverte de ce passage changeait la donne.

« Je ne parlais pas de ça. »

Il se tut un instant puis reprit.

« Qui est elle ? »

Je ne répondis pas.

« Je me dis qu'il faut être une femme exceptionnelle pour réussir à retenir ton attention mais...

-Elle n'a pas seulement retenu mon attention.

-Je m'en doutais. »

Que pouvais-je lui dire ?

« Elle était celle qui doute et elle est celle qui a changé. »

Il pensait que j'allais poursuivre sur ma lancée. Il se trompait. Nul ne devait savoir.

« Tu ne m'en diras pas plus n'est-ce pas ? » finit-il par dire après un long moment de silence.

Je n'eus pas le temps de confirmer cette affirmation car un cri mit soudain fin à notre discussion.

« Aux armes ! On nous attaque ! »


(1) Seul un Dragon peut tuer un Dragon.