Disclaimer : Tout est à la BBC sauf Eolhsand et Sweostor. Yvain appartient à la légende Arthurienne et n'est pas encore apparu dans la série.


Scène 41 : Nous.

 

Un Chevalier, un garçon, ne devait pas pleurer. Combien de fois son père le lui avait-il dit ? Ne pleure pas Yvain. Mais l'enfant était tout de même en train de le faire. Comment aurait-il pu retenir ses larmes ? Le Prince Arthur allait mourir parce qu'il avait voulu sauver son serviteur du géant... Qui était ensuite parti à la poursuite des Chevaliers sans un regard pour celui qu'il avait blessé.

Merlin aussi pleurait tout en donnant mille noms d'oiseaux au Prince. Entre 2 insultes, il disait des mots dans la langue étrange des sorciers. Sans doute pour essayer de soigner Arthur.

Ça ne devait pas se passer comme ça. Maman grande sœur m'avait dit...

La Dragonne aussi était en train de sangloter.

Ça ne devait pas...

Sweostor se tut brusquement. Yvain la regarda. La Dragonne semblait bien attentive tout d'un coup. Elle se précipita ensuite vers Merlin à toute vitesse pour grimper sur son épaule. L'Enchanteur ne cilla même pas quand les griffes de la Dragonne entrèrent dans sa chair.

C'était de que maman grande sœur lui avait dit de faire. Ça lui permettrait de parler à papa Memrys plus facilement.

Merlin...

El ?

Mais il y avait quelqu'un d'autre dans ce lien. Pas Sweostor. Il y avait aussi quelqu'un d'humain.

Gaïus !

Le son de la voix du vieux médecin confirma cette affirmation.

Nous allons t'aider.

La Magie ne marche pas.

Calme-toi Merlin. La Magie nécessite de la concentration et de la maîtrise... Surtout quand tu veux guérir. Tu dois être maître de toi-même si tu veux soigner.

Arthur va mourir !

Laissez-moi faire Gaïus.

Merlin perçut clairement le doute du vieux médecin. Eolhsand avait déjà du mal à rester elle-même...

Pardonne-moi Merlin.

Elle le fit en douceur mais il la sentit tout de même se mettre à fouiller dans ses souvenirs.

Souviens-toi.

Il entendit la voix de sa mère. Elle chantait. Très rapidement la voix d'Eolhsand rejoignit celle d'Hunith. Merlin aussi se mit à fredonner. Il se détendit un peu puis encore plus en sentant l'esprit de la Barde se répandre autour du sien comme si elle était en train de le se serre dans ses bras. Gaïus aussi était là. C'était confus mais Merlin le sentait. Le vieil homme était inquiet. Pour lui et pour Arthur. L'émotion disparut peu après. Eolhsand l'avait écarté pour ne pas le troubler comprit l'Enchanteur.

Ce ne fut qu'un murmure.

Es-tu prêt ?

Je crois.

Gaïus va te guider.

PuisMerlin entendait clairement Gaïus lui dire ce qu'il devait faire tout en continuant de percevoir la chanson de sa mère. Eolhsand le « serrait toujours dans ses bras ».

Merlin était resté silencieux pendant un long moment. Yvain avait bien essayé de le toucher pour comprendre ce qu'il se passait mais la petite dragonne avait grogné dès qu'il avait tenté de s'approcher.

Le sorcier finit par se redresser et il se mit à murmurer des choses dans la langue de l'ancienne religion. Ses mains se mirent à luire puis des yeux d'or fixèrent le page.

« Va chercher mon sac. Je vais devoir recoudre la blessure.

-Tu ne vas pas le soigner ?

-Si. »

Merlin regarda Arthur et sourit tristement.

« Il ne doit pas savoir. Pas encore.

-Mais tu vas le sauver n'est-ce pas ? La magie va le sauver ?

-C'est ce que nous sommes en train de faire.

-Nous ?

-Va chercher mon sac. Je t'expliquerais plus tard. »

Yvain obéit. Quand il revint vers le Prince et son serviteur, les blessures d'Arthur s'étaient en partie refermées. L'enfant remarqua ensuite que Merlin avait quelque chose dans le creux de sa main. Une mèche de cheveux brun.

« Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il.

-Un talisman... C'était un talisman. »

Dans la tête de Merlin, la voix de Gaïus se fit entendre

Quand lui as-tu forgé ce talisman ?

C'est une longue histoire.

Tu n'aurais pas dû.

Eolhsand intervint.

C'était une très bonne idée. C'est la deuxième fois que ce talisman l'empêche d'être tué. Tu devrais peut-être en reforger un Merlin.

C'est imprudent.

Eolhsand aurait voulu rétorquer mais...

Ne pourriez-vous pas vous disputer plus tard... Et ailleurs que dans ma tête.

Silence.

Le fil et l'aiguille furent vite prêts mais...

Je ne vais pas y arriver.

Gaïus et Eolhsand se mirent à se concerter sur ce qu'il convenait de faire.

Je ne voudrais pas vous presser mais...

Gaïus va s'en charger.

Merlin ne comprenait pas.

Je vais encrer un peu plus profondément son esprit dans le tien. Petit sœur !

Oui ?

Tu vas m'aider.

Merlin attendit. Rien ne se passait. Ce ne fut que lorsqu'il vit ses mains se mettre à bouger... C'était étrange. Ses mains bougeaient mais il n'y était pour rien. Il n'était qu'un simple spectateur.

Mais ce n'était pas encore fini. Refermer les blessures n'étaient pas tout.

Regarde ce qu'il y a dans le sac. Nous avons sûrement de quoi faire un onguent pour lui redonner de l'énergie.

Yvain regardait faire Merlin. Il était fasciné. Bien sûr, il savait que la magie pouvait être utilisée pour soigner les gens mais... Mais il n'avait jamais pensé que c'était aussi efficace. Pourquoi avoir abandonné la magie au profit de la médecine ? Pourquoi ne pas allier les deux ainsi que venait de le faire Merlin ?

Une dernière fois, les yeux de Merlin devinrent d'or puis le sorcier s'écroula. Épuisé.

« Merlin !

-Il va bien. »

Le page écarquilla les yeux. Merlin parlait avec une voix féminine.

« Il est toujours plus difficile de soigner que de détruire. Veille sur eux pendant qu'ils se reposent.

-Qui êtes-vous ?

-Tu me connais déjà parait-il. »

L'enfant voulut répliquer mais...

« Je ne suis plus vraiment liée à Merlin. C'est dur de maintenir le contact alors écoute-moi bien. Merlin et Arthur ne peuvent être transportés pour le moment. Gaïus exige qu'ils restent ici quoi qu'il arrive.

-Et si le géant revenait ?

-Le Géant veut son cœur et son cœur n'est pas ici.

-Mais...

-Nous n'avons pas le temps de discuter. Reste ici et veille sur eux. Sweostor ira chercher les Chevaliers et... »

La voix devenait de moins en moins audibles. Yvain ne saisit pas très bien ses derniers mots mais il avait fini par comprendre qui était la femme qui venait de lui parler. Eolhsand. La Barde. La devineresse.

Il n'avait plus peur maintenant. Plus vraiment.

...